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NE CHANGEZ PAS LES AUTRES !





Par Cécile Claeys


Pourquoi vouloir changer les autres ?


C’est probablement une des clés les plus précieuses en matière de relations humaines.


Nous avons une capacité extraordinaire à nous “faire des illusions” sur ceux qui nous entourent.


Et en particulier sur ceux que nous aimons.


Car souvent nous les aimons malgré leurs défauts parce que nous abritons l’espoir qu’ils seront un jour pleinement conformes à nos désirs.


Pendant des années, nous nous efforçons d’obtenir de la personne qu’elle change dans le sens désiré.


Jusqu’au jour où nous finissons par reconnaître que changer les autres est au-delà de notre pouvoir, surtout contre leur gré.


Ce jour-là, nous l’aimons enfin pour elle-même ou bien nous ne l’aimons plus du tout, et c’est là que le danger réside.




L’être humain peut changer


Constater cela n’est pas nier la capacité de l’homme à changer.


Il est bien évident que tout être humain évolue tout au long de son existence.


L’environnement le fait changer, de même qu’il peut le faire de sa propre volonté, jusqu’à un âge avancé.


Mais c’est pendant ses 12 premières années d’existence que l’être humain est le plus malléable.


Et pourtant, même pendant cette première étape de leur existence, nous avons le plus grand mal à obtenir de nos enfants un minimum de conformité à nos désirs.


Inutile de dire que, une fois adulte, la suite de l’évolution d’un être humain échappe presque complètement au contrôle conscient de qui que ce soit, dans des conditions normales d’existence.


Et cependant, rappelez-vous quand vous avez soupiré, pour la dernière fois, après une rencontre pénible ou désagréable : “Oh, s’il était moins colérique ! ” ou “Oh ! si elle était plus tolérante ! ” ou encore “Oh ! Si les vieillards étaient moins exigeants ! ”, “Oh ! Si les enfants étaient moins égoïstes ! ”, et ainsi de suite.




Mais ne prenons pas nos désirs pour la réalité


Notre erreur consiste à croire que les autres devraient être selon nos désirs.


Et, quand ils ne répondent pas à nos attentes, nous les blâmons.


Nous les traitons de “difficiles”, d’“intolérants”, d’“égoïstes”, d’“exigeants”, de “moroses”, d’“indécis”, de “vaniteux”, etc.


Ménageons nos relations avec les autres.


La grande question est de savoir si nous sommes en relation avec des personnes réelles, et comme telles faites de qualités et de défauts.


Ou bien si nous sommes en relation avec une projection de notre imagination qui nous conduit à effacer ou à condamner ce qui ne correspond pas à notre attente et à ajouter des traits imaginaires à ceux que nous fréquentons.


Si c’est le cas, nous courons le risque de basculer un jour, par un mystérieux renversement de polarité, de l’amour aveugle au dégoût aveugle, ne voyant plus que des défauts là où l’on ne voyait autrefois que des qualités.


C’est pourquoi, je suis si soulagé quand quelqu’un me dit “Vous me désillusionnez” car cela signifie que, jusqu’à présent, cette personne n’avait pas été en contact avec moi mais avec une projection de son imagination, donc avec elle-même.


Imaginez les heures perdues à servir d’écran de projection à l’imagination de quelqu’un !


La sagesse nous enseigne donc à devenir conscients de la réalité des êtres qui nous entourent.


Avec ce qui nous plaît en eux et ce qui nous plaît moins.